Clair-obscur sur le glaucome

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Une maladie sournoise à dépister avant l’apparition des symptômes

Le glaucome est une maladie dégénérative de l’œil qui atteint les cellules du nerf optique qui, dans la plupart des cas, est due à une pression intra-oculaire (PIO) trop élevée, c’est-à-dire une pression excessive du liquide contenu dans le globe oculaire.

La fonction du nerf optique est de transmettre au cerveau les signaux visuels de ce que l’œil « voit ». Si la pression oculaire est trop élevée, le nerf optique comprimé se retrouve endommagé et n’arrive plus à transmettre au cerveau tous les signaux que l’œil lui envoie. Cela se traduit par une perte de la vision qui commence en périphérie et progresse ensuite graduellement vers le centre. Sans traitement approprié, le champ visuel diminue parfois jusqu’à la cécité.

Il faut cependant savoir qu’une pression intra-oculaire élevée n’est pas forcément synonyme de glaucome. De même on ne peut systématiquement déduire une absence de glaucome d’une pression intra-oculaire normale. En effet, il se peut qu’une personne soit atteinte d’une nécrose des cellules du nerf optique en raison d’une mauvaise circulation sanguine alors que la pression intra-oculaire est normale.

Une perte de la vision due au glaucome est permanente et irréversible. Il s’agit de la deuxième cause de cécité en Amérique du Nord après le diabète. C’est pourquoi il est important de passer régulièrement des examens de la vue.

L’origine d’une pression intra-oculaire élevée

La cavité antérieure de l’œil est remplie d’un liquide clair que l’on appelle « humeur aqueuse ». Ce liquide  transparent à faible viscosité est secrété par le « corps ciliaire » située derrière la paupière supérieure. L’humeur aqueuse passe dans la cavité antérieure  de l’œil à travers le réseau trabéculaire.

L’humeur aqueuse a pour fonction d’irriguer la structure interne de l’œil et de maintenir la forme du globe oculaire et la pression intra-oculaire. Elle alimente également en oxygène et en nutriments les cellules fibreuses du cristallin. Si les canaux sont obstrués, l’humeur aqueuse ne peut circuler. Il en résulte une augmentation de la pression intra-oculaire. Cette pression comprime le nerf optique et empêche l’approvisionnement en sang des cellules nerveuses qui finissent par mourir. Les nerfs externes étant atteints en premier, la perte de la vision commence par la périphérie.

Les personnes atteintes de glaucome souffrent d’une « vision en tunnel » ou « vision tubulaire » qui évolue progressivement vers la cécité. Il arrive malheureusement que certains malades ne s’alarment pas de ce phénomène car il n’est généralement pas douloureux. Ne se doutant pas que la perte de vision est irréversible, elles s’abstiennent de consulter aux premiers symptômes.

Les différents types de glaucomes

Les types de glaucomes sont classés selon le type d’obstruction empêchant le drainage de l’humeur aqueuse de se faire.

Le « glaucome primaire à angle ouvert 

La forme la plus courante de glaucome est le « glaucome primaire à angle ouvert ». Il touche environ 1 personne sur 100 en Amérique du Nord et davantage les personnes d’origine africaine. Il apparaît généralement chez les personnes de plus de 50 ans.

Dans ce type de glaucome, le réseau trabéculaire apparaît normal à l’examen bien que le drainage ne s’effectue pas correctement. Si les chercheurs ne s’entendent pas tous sur les causes de ce dysfonctionnement, une des théories mise en avant est que ce type de glaucome est tout simplement au vieillissement des cellules qui ne sont plus performantes.

Le glaucome à angle fermé 

Le glaucome à angle fermé touche davantage les personnes d’origine asiatique ou inuite. Il touche également davantage les femmes que les hommes ainsi que les personnes hypermétropes.

Ce type de glaucome se manifeste de façon chronique ou intermittente. L’iris gonflé ou repoussé vers l’avant provoque la pression. Il est généralement dû à certaines maladies comme le diabète ou l’uvéite (affection inflammatoire de l’œil), ou encore au vieillissement.

Le glaucome à pression normale

Dans le cas de glaucome à pression normale, l’œil présente une pression normale, mais le nerf optique est endommagé en raison d’une mauvaise circulation sanguine. Les cellules nerveuses étant mal irriguées se nécrosent.

Le glaucome pigmentaire

Le glaucome pigmentaire touche principalement les jeunes personnes myopes. Dans le cas de la myopie, l’iris a une forme concave et de ce fait frotte contre la couche pigmentaire (celle qui donne la couleur des yeux). De ce frottement, il résulte que des microfragments de pigments se détachent et viennent obstruer le réseau trabéculaire, augmentant ainsi la pression.

Le glaucome traumatique

Le glaucome traumatique a pour cause une ancienne blessure à l’œil. Il apparaît en général plusieurs années après l’accident.

Les symptômes

Le danger du glaucome est qu’il s’agit d’une maladie silencieuse et indolore. Durant son développement, elle n’est généralement accompagnée d’aucun symptôme perceptible qui pourrait pousser à consulter. La maladie évolue ainsi sournoisement et cela prend plusieurs années avant qu’elle ne se manifeste. La plupart des personnes atteintes d’un glaucome ne s’en rendent pas compte et nombreuses sont celles qui ne reçoivent le diagnostic que lorsqu’elles commencent à perdre la vue, c’est-à-dire lorsqu’il est trop tard. Selon la Glaucoma Foundation des États-Unis seulement une personne sur deux atteintes de cette maladie en est consciente.

La pression intra-oculaire est donc un symptôme que l’oeil ne peut ressentir, ce qui équivaut à une absence de symptômes. Certaines personnes éprouvent cependant parfois des maux de tête et remarquent en même temps qu’elles ont les yeux rouges ou une vision embrouillée. Ce sont là des signaux d’alarme qui laissent entendre qu’une consultation s’impose. À défaut d’examens réguliers, le premier symptôme qu’une personne atteinte de glaucome expérimentera, ce sont des « trous » qui apparaissent dans le champ de la vision périphérique et qui seront malheureusement permanents.

Le dépistage : l’importance des examens de la vue réguliers

Étant donné que la perte de vision associée au glaucome est un phénomène irréversible, des examens de la vue réguliers sont donc fortement recommandés. Ils permettront de dépister et de traiter la maladie avant qu’elle ne se manifeste et d’éviter ainsi le rétrécissement de la vision périphérique et l’apparition de la cécité.

Les spécialistes peuvent facilement mesurer la pression intra-oculaire à l’aide d’un tonomètre automatisé à jet d’air. Cet examen que l’on appelle tonométrie permet de diagnostiquer le glaucome afin qu’il puisse être traité. Pour des sujets de moins de 40 ans, la pression intra-oculaire normale de l’œil se situe entre 13 et 19 mm Hg. Chez les sujets de plus de 40 ans, elle se situe davantage entre 16-2 et mm Hg.

Le traitement du glaucome

Il n’existe malheureusement pas de remède contre le glaucome, aussi le dépistage précoce et le traitement de la maladie sont-ils les seules armes contre ce fléau. Les traitements permettent seulement de ralentir la progression du glaucome en contrôlant la pression intra-oculaire. Le contrôle de cette pression permet de diminuer le risque d’endommagement du nerf optique et de préserver la vision ou ce qu’il en reste.

Les collyres

Les collyres sont des traitements à vie qui agissent suivant deux modes différents selon le type choisi. Certains collyres agissent sur la diminution de la sécrétion d’humeur aqueuse, tandis que les autres agissent sur l’augmentation de l’élimination de l’humeur aqueuse.

La trabéculolastie ou le traitement au laser

Cette technique permet d’éliminer l’humeur aqueuse stagnante par un procédé de photocoagulation au laser. Cela permet de soulager la pression intra-oculaire dans près de 80% des cas. Cependant l’efficacité de cette technique diminue avec le temps. Les échecs sont plus importants dans les cas de glaucomes sévères.

Le traitement chirurgical ou trabéculectomie
On réalise une trabéculectomie au niveau de la conjonctive. On pratique une petite ouverture pour permettre à l’humeur aqueuse de s’écouler de part et d’autre de l’iris. L’ouverture sera ensuite refermée après l’opération. Il existe une autre technique plus complète qui consiste à placer un minitube dans cette ouverture. Cette technique est un peu plus efficace que la trabulectomie seule.

La cyclocoagulation circulaire par ultrasons

Cette technique vise à opérer une nécrose partielle des corps ciliaires afin de réduire la production d’humeur aqueuse. Cette opération est au moins aussi efficace que le traitement au laser. Elle est peu invasive et les effets secondaires minimes : peu d’inflammation et aucun impact sur les tissus environnants.

Le glaucome en quelques chiffres

  • Le glaucome est la deuxième cause de cécité en Amérique du Nord.
  • Au Canada, plus de 400 000 Canadiens et Canadiennes en sont atteints.
  • Plus de 6,6 millions de personnes ont perdu la vue à cause d’un glaucome.
  • Le glaucome touchera de plus en plus de personnes en raison du vieillissement de la population.

Quels sont les populations à risque ?

Bien que personne ne soit vraiment à l’abri d’un glaucome, certains individus sont cependant plus à risque que d’autres comme les personnes

  • âgées de plus de 40 ans ;
  • diabétiques ;
  • myopes ;
  • ayant des antécédents familiaux de glaucome ;
  • ayant des origines africaines ou asiatiques ;
  • ayant utilisé sur le long terme des stéroïdes ou de la cortisone ;
  • ayant subi des blessures oculaires dans le passé.

Les personnes à risque ont intérêt à se soumettre régulièrement à des examens de la vue.

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